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21.12.2007
Les chiens et l'honneur, la parole et l'esprit
J'ai employé en son temps le mot "chiens" pour évoquer les adeptes de certaines moeurs publiques. Je ne l'ai jamais regretté. Bientôt, je vous dirai comment l'honneur d'une femme, exerçant une profession utile au corps social, a été livré à ces mêmes chiens. Avant cela cependant, je me dois de connaître l'entière vérité et pour tout vous dire, je suis bien heureux d'être doté de ce petit don d'ubiquité que me confère mon actuelle position.
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J'entends ici et là qu'on se dispute ma mémoire. Elle est la propriété de tous et de ce fait, n'appartient à personne en particulier. Chacun est fondé à raconter l'histoire qui plaît aux uns et aux autres, pourvu qu'il soit légitime. C'est ainsi, je l'ai toujours dit, que le peuple français distingue celui qui est digne de le gouverner, et par delà le temps qui passe, ceux qui restent pour lui et sont dotés de suffisamment d'esprit pour en incarner les forces.
18.12.2007
Sorties publiques et chef de l'Etat, rencontres futures
En 1991, lors d’une inauguration officielle (pardonnez-moi, je ne me souviens plus très bien où cela se passait) j’ai trébuché alors que j’entamais l’ascension d’un escalier monumental. Mon pied a glissé sur une marche et je n’ai du qu’à un réflexe étonnant pour un homme de mon âge d’éviter une chute absolument ridicule en public. L’affaire aurait pu en rester là, seuls quelques témoins ayant assisté à cette demi chute, mais j’ai remarqué en me redressant qu’une caméra de télévision d’Antenne 2 avait enregistré l’instant. Il venait de se produire ce que je redoutais depuis que je me pliais au rituel qui oblige le chef de l’Etat à se produire régulièrement en public. J’ai aussitôt pensé à ce pauvre Gerald Ford qui m’avait confessé un soir de réception à la Maison Blanche de Reagan, avoir perdu l’élection présidentielle de 1976 suite à la rediffusion télévisée incessante d’une glissade grotesque à la sortie d’un avion. J’ai suggéré discrètement à mon service de presse de récupérer dans la seconde les images enregistrées. Le journaliste d’Antenne 2 qui suivait ce déplacement, a refusé. Qu’à cela ne tienne, dès son retour à sa rédaction, son directeur de l’information, alerté je ne sais trop comment, est venu récupérer les dites images. Le courage du journaliste a connu comme un léger fléchissement et j’ai ainsi échappé à un funeste destin. Cela étant, j’en ai tiré la conclusion que mon pouvoir était moins étendu que celui du directeur de l’information d’Antenne 2…
On ne le dit jamais assez, mais tous les chefs d’Etat vivent cette angoisse de connaître une défaillance publique, qui, immortalisée sur pellicule, empoisonnerait leur existence. Combien de fois ai-je redouté ma descente du command car alors que je présidais aux cérémonies du 14 juillet ?
En vérité je vous le dis, ce qui a été empêché en 1991 ne pourrait plus l’être aujourd’hui. On me parle de cameras légères et invisibles, de téléphones qui filment, de l’internet… Même Alain Duhamel n’est plus à l’abri de voir révéler ses penchants intimes. Si j’étais président, je n’en ferais pas trop. A trop s’exposer, à multiplier les sorties dans des lieux de culture reconnus et en charmante compagnie, on multiplie les risques de figurer tôt ou tard dans les bêtisiers télévisés du monde entier… Tenez, imaginez que Jean-Michel Apathie (que j’assure de ma sympathie, ne vous y trompez pas, on me parle tellement de lui, si vous saviez…) ait eu en sa possession un téléphone qui filme lorsqu’il fût témoin d’un moment de faiblesse de Laurent Fabius il y a quinze ans ?
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Ces temps-ci je réfléchis à la meilleure façon de me faire entendre, voir et lire. Après tout, il est de mon devoir d’aller à la rencontre du plus grand nombre de ceux qui souhaitent partager les combats à venir. Que ceux qui m’aiment soient confiants et patients. Les autres, c’est comme les citations de La Rochefoucauld : je m’en fous.
12.12.2007
Méfiance.
Ne vous laissez pas abuser par des esprits à l'expression inélégante. Je reste avec vous ici et maintenant.
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05.12.2007
Libre
Sauf événement imprévu, donc improbable, je vais parler. Tout ce que je vois, tout ce que j'entends depuis six mois m'incite à ne plus demeurer inerte. Il est temps d'aider les femmes et les hommes de bonne volonté à rendre aux français leur pays confisqué. Je reste aux côtés de ceux qui ne veulent point s'attrister car ils n'ont plus d'espérance, libre à l'égard des forces qui ont voulu me museler il y a six mois, libre à l'égard des puissances médiatiques, libre à l'égard des puissances d'argent, libre de vous dire ce que je veux.
Patience à tous. A bientôt. Je reste avec vous.
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